Milieux naturels

65% d’espaces naturels et près de la moitié des habitats naturels (600 sur 1300) répertoriés en France : Le Languedoc-roussillon jouit d’une situation exceptionnelle.

Les espaces naturels du Languedoc-Roussillon se répartissent à 22% en milieux ouverts, 33% en zones humides littorales et marines, et 15% en milieux forestiers.

Le reste des habitats inclut les habitats de ligneux bas (20%), les grottes, les cultures, friches et zones rudérales, et les zones urbaines.

Au sommaire

Milieux marins : des fonds riches et variés

Le milieu marin est composé de deux types de fond :

  • Fonds meubles : vases, sables fins, sables grossiers, cailloutis et galets issus de l’érosion et du transport sédimentaire depuis le continent via les cours d’eau. Ils occupent plus de 90% des milieux dans la bande des 3 milles ;
  • Fonds rocheux : ce milieu est plus rare dans la région. Il ne se retrouve que ponctuellement le long du littoral (Bancs de roches de Palavas, plateau des Aresquiers, corniche de Sète, zone rocheuse du Cap d’Agde, plateau rocheux de Vendres, Cap Leucate, roches du large des Pyrénées-Orientales, fonds rocheux des Albères…). Contrairement à une idée reçue, les deux types de fonds peuvent être très riches et accueillent de très nombreuses biocénoses.

Quatre habitats marins présentent un intérêt majeur au niveau régional :
Les herbiers de Posidonies, le coralligène, les grottes sous-marines et les zones d’habitat des dauphins et des tortues de Méditerranée.

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Milieux littoraux et lagunaires

Avec une frange essentiellement sableuse, le littoral du Languedoc-Roussillon, long de 230 km, présente comme particularité un système lagunaire, à l’interface entre les milieux marins et les milieux terrestres.

Derrière le cordon dunaire, les complexes lagunaires font l’originalité du paysage littoral du Languedoc-Roussillon, avec ses paysages de sansouïres et de steppes à saladelles.

Vingt-deux lagunes (ou étangs) et leurs zones humides associées forment un chapelet qui s’étend de la Camargue aux Albères, couvrant environ 2% du territoire régional. Les lagunes sont en étroite relation avec la mer grâce aux graus (brèches dans le cordon dunaire) et sont alimentées en eau douce par les cours d’eau, la pluie et les résurgences. Leurs eaux saumâtres sont le lieu d’une production organique 100 fois plus importante qu’en mer. Ce sont de véritables nurseries pour les poissons marins migrateurs, comme les populaires anguilles, dorades et loups, et pour les coquillages qui sont source d’une activité économique importante et traditionnelle. De plus, les eaux riches des lagunes et leurs formations végétales périphériques (sansouïres, steppes à saladelles, roselières, prés salés) sont propices à l’alimentation, la reproduction et l’hivernage de nombreux oiseaux (Flamant rose, canards ou rares Sterne hansel, Goéland railleur et Mouette mélanocéphale). La concentration d’oiseaux rend ces lieux attractifs pour l’écotourisme et la chasse de loisir. La gestion des échanges entre les lagunes et la mer revêt une importance primordiale. Le rôle écologique d’épuration des étangs permet aux communes littorales de bénéficier d’eaux de baignade de qualité.

En savoir plus : Pole relais lagunes

©<cite>M. Kleczewski / CENLR</cite>©<cite>M. Klesczewski / CENLR</cite>©<cite>M. Klesczewski / CENLR</cite> voir la galerie Milieux lagunaires et littoraux

Plaine : une mosaïque de milieux

La plaine littorale, qui s’étend de la Petite Camargue au nord jusqu’à la côte rocheuse au sud, est un secteur marqué par les mosaïques de milieux qui s’y côtoient. Cette juxtaposition de milieux ouverts et semi-ouverts, façonnés par l’Homme, est le support de la « nature ordinaire » et abrite des espèces patrimoniales comme l’Outarde canepetière, la Pie-grièche à poitrine rose, et le Lézard ocellé. Les parcelles cultivées sont surtout occupées par la vigne (11% du territoire régional en 2005). Toutefois, de petites parcelles de cultures annuelles diversifiées, des prairies et des cultures permanentes complexes sont dispersées sur quelques secteurs de la région (en Lozère, dans le Bassin d’Alès, dans les Costières de Nîmes, le Montpelliérain, le Littoral de l’Hérault et de l’Aude, la plaine du Roussillon). Peu présentes, les grandes cultures de céréales, de colza et de tournesol sont localisées dans le Lauraguais et le Razès. Elles peuvent accueillir des espèces des champs (Alouettes, Busards, micromammifères et mustélidés, flore adventice et messicole…) et participer au maintien de la biodiversité, si elles sont exploitées de façon extensive et si les corridors pour la circulation de la faune sont préservés. Certains milieux ou certaines espèces (par exemple les mares temporaires à Marsillea ) sont des milieux d’intérêt européen dont le Languedoc-Roussillon abrite l’essentiel des stations françaises.

© <cite>M. Klesczewski / CENLR</cite> voir la galerie Plaine

Zone intermédiaire et garrigues : l’exception méditerranéenne

La zone intermédiaire de collines, entre la plaine littorale et les milieux de montagne, présente des espaces naturels et ruraux étendus, caractéristiques de notre cadre de vie. Elle recouvre en particulier la zone viticole qui constitue le cœur de l’économie agricole régionale. Ces espaces contribuent fortement à la production à la qualité du cadre de vie et à l’économie de la région. Ils comprennent en outre des sites importants pour la biodiversité, tels que les Albères, le Pic Saint-Loup, les Hautes-garrigues. Le paysage des garrigues contribue fortement à la caractérisation du patrimoine méditerranéen. Il est constitué d’une mosaïque de milieux comprenant des bois, des matorrals, des pelouses sèches et des cultures méditerranéennes, qui constituent par ailleurs un pare-feu naturel efficace. Dans les garrigues sur sols calcaires, les pelouses sèches de graminées, caractérisées par la présence du Brachypode rameux, sont très riches en espèces animales et végétales. Elles accueillent en particulier des espèces annuelles à forte valeur patrimoniale, comme des orchidées. Ces pelouses (pelouses méditerranéennes à Brachypodes) constituent un habitat d’intérêt communautaire très répandu dans la région mais rare ailleurs en Europe. Il est lié à des activités pastorales anciennes en voie d’abandon.

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Milieux montagnards et grands causses

L’ensemble montagnard de la région est remarquable par sa position biogéographique charnière (influences méditerranéenne et atlantique) et par son rôle de relais entre les Alpes et les Pyrénées, en particulier pour la migration de la faune et de la flore.

Il comprend les massifs d’altitude des Pyrénées et des Cévennes et les massifs de moyenne montagne du Haut-Languedoc. Les reliefs sont marqués par une alternance de crêtes, de vallées et de causses entaillés par des gorges profondes. Ces milieux présentent une très grande diversité d’habitats naturels : forêts de feuillus et de conifères, landes et pelouses, tourbières d’altitude, rivières et milieux associés, prairies et cultures, zones rocheuses. Les paysages montagnards ont depuis longtemps été façonnés par la gestion agricole, pastorale et forestière. Les exploitations agricoles, qui constituaient autrefois la base de l’économie montagnarde, ont bien souvent disparu dans les zones d’altitude, laissant œuvrer la dynamique naturelle de la végétation. Ainsi, les milieux connaissent en de nombreux endroits et en particulier sur les causses, où l’élevage extensif a fortement diminué, une tendance au boisement et ainsi à la “fermeture”. C’est un risque important de régression de la biodiversité. Les pelouses caussenardes sont en effet des milieux particulièrement riches qui accueillent de nombreuses espèces qui leur sont inféodées. Et le recours à des espèces exotiques en sylviculture, en dehors de leurs “stations” naturelles d’implantation risque de perturber les écosystèmes et de dénaturer les paysages.

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Zones humides et milieux aquatiques continentaux

Les zones humides et milieux aquatiques continentaux occupent souvent les espaces de mobilité des cours d’eau et montrent une grande diversité de milieux : cours d’eau et boisements qui les bordent (ripisylves), prairies humides, lacs et étangs, mares temporaires, tourbières.

Ces milieux et les espèces qui leur sont inféodées ont souvent une valeur patrimoniale élevée.

Les ripisylves et les zones humides accueillent une flore à affinité médio-européenne qui contraste avec la végétation méditerranéenne environnante. De nombreux oiseaux sont inféodés à ces milieux où ils viennent trouver un lieu de nidification et d’alimentation. Certains invertébrés aquatiques (insectes, mollusques, gastéropodes) colonisant les lits des cours d’eau permettent d’apprécier leur qualité biologique, parce qu’ils sont particulièrement sensibles à la pollution des eaux ainsi qu’à la qualité physique des habitats (diversité des substrats, variabilité des écoulements). De plus, ces espèces servent de nourriture à de nombreuses espèces piscicoles et constituent l’un des premiers maillons de la chaîne alimentaire.

Les marais, les tourbières et les prairies humides sont d’une très grande importance pour le patrimoine naturel d’un bassin. Ces milieux abritent des espèces d’une grande diversité et présentent un fort intérêt pour le cycle de l’eau, notamment par leur rôle auto-épurateur et leur effet tampon. Ce sont des milieux ouverts qui abritent des espèces caractéristiques. A l’interface entre milieux terrestres et aquatiques, les tourbières lozériennes par exemple, riches en espèces animales et végétales originales et spécifiques, assurent un rôle de filtration et d’épuration des eaux. Ce sont des milieux fragiles, rares et menacés, dont la destruction est quasiment irréversible.

En Languedoc-Roussillon, la pérennité de la ressource en eau est aussi dépendante du bon fonctionnement écologique des milieux aquatiques.

©<cite>M. Klesczewski / CENLR</cite>©<cite>M. Klesczewski / CENLR</cite>
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Milieux souterrains (grottes)

En raison de la nature karstique d’une partie du substrat, les milieux souterrains du Languedoc-Roussillon sont nombreux et caractéristiques. Ils fonctionnent comme une zone refuge pour une faune et une flore à caractère patrimonial affirmé.

Les grottes à concrétion sont des milieux fragiles indicateurs du fonctionnement du système naturel complexe et sensible qu’est le karst. Elles présentent également une valeur paléo-environnementale, minéralogique et esthétique importante. Elles constituent en outre un gîte particulièrement favorable aux chiroptères, ce qui rend nécessaire la prise en compte des réseaux de cavités et des liaisons. Une prospection systématique des sites souterrains est réalisée depuis 1995 par des chiroptérologues pour identifier les sites d’intérêt national à protéger en urgence. Les sites proposés ont été définis comme importants pour la région au vu des espèces de chauve-souris présentes (notamment le Minioptère de Schreibers, le Vespertilion de Capaccini et le Rhinolophe de Mehely) et de l’importance des sites pour l’hibernation ou la mise-bas. Ainsi, six sites d’intérêt international, cinq d’intérêt national et treize d’intérêt régional ont été retenus. La majorité de ces sites est fortement menacée. Certains sites bénéficient d’un statut de protection (réserves naturelles, arrêtés de biotopes, sites Natura 2000) Par ailleurs, un inventaire exhaustif des cavités naturelles à été réalisé dans l’Hérault. Il a permis de répertorier deux fois plus de sites que les estimations préalables.

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